Film video and sound

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Photo parlée

Des mots de minuit culturebox 2014–

Une émission de Philippe Lefait et Rémy Roche –

D’argile

 

 

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Objets perdus

Prix Photo du Jeu de PaumeSélectionnée pour la première édition 2006 –

Présentée par Peter Knapp

 

Installation évoluant suivant le lieu d’exposition

Le projet « Objets perdus » est né à Paris, où j’ai eu envie de faire une pause face à une réalité de plus en plus complexe où il devient difficile de résister à la folie de nos sociétés occidentales. Les objets les plus banals, les outils de production disparaissent « sans laisser d’adresse », du jour au lendemain. Les traces, les objets, les vestiges relient les générations en s’inscrivant dans une mémoire commune. Ils sont des liens vitaux, une force et une passerelle vers l’inconnu. Mon désir d’associer pour la première fois les mots à la photographie est comme disait Roland Barthes, la conscience que la photographie ne remémore pas le passé mais donne à voir : « Le mystère simple de la concomitance ». Effacement, mélancolie, jetable, marchandise économiquement non réparable, attachement… des mots qui m’obsèdent. Et je me demande si moi-même, je m’attache à ces objets perdus ou ne m’en détache en les photographiant. Cette série s’inscrit dans mon questionnement sur un monde dépourvu de sens : Que sera la mémoire pour les générations futures ? Faut-il résister vainement ou s’adapter en ignorant le passé ?

 

Portfolio Objets perdus

Limité à 15 exemplaires sous coffret, signés et numérotés

Comprenant 15 tirages jet d’encre 21 x 29 cm et un DVD

Coffret : 27 x 30 cm

 

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Seul l’air

Exposition40 Rencontres internationales de la Photographie Arles 2009 –

Publication chez Actes-Sud

Préface de Simon Njami

Un mystère à conserver

« Les découvreurs voyageaient mal. Ils partaient avec une idée précise : découvrir. Et dès lors, avec un objectif aussi clairement défini, peu d’entre furent capables de voir vraiment. De s’ouvrir au monde nouveau qui se livrait à eux et qui leur réclamait d’inventer un nouveau langage. D’oublier leur grammaire ancienne et de déchiffrer, comme des élèves conscients de l’existence d’un insondable mystère, le vocabulaire de la terre qui les accueillait.

Ecrire sur la photographie est toujours un exercice étrange. Écrire sur le travail d’un photographe demande un peu plus d’ambition. Il n’existe, contrairement à ce que certains pourraient croire, aucune évidence dans l’interprétation des propositions qui nous sont faites. On ne peut pas se cantonner dans les remarques générales et convenues. Conventionnelles. Il s’agit de se laisser guider par les images plutôt que par un discours théorique. Ce que Patrick Modiano appelait la petite musique. D’aucuns, en ouvrant ce livre, penseront qu’il s’agit d’un livre sur l’Afrique. Une évocation personnelle de ce continent qui reste encore, pour de nombreux Européens, « le cœur des ténèbres ». Ceux-là feront erreur. À ceux-là, je conseillerais d’aller ouvrir un Atlas ou un quelconque précis de géographie. Laurence Leblanc ne s’intéresse ici, ni à la sociologie, ni à la géographie, mais aux êtres et aux choses. Comment faire autrement, que d’user de la modestie et de l’unicité d’un regard ? Comment faire autrement que de poser son objectif avec douceur et tendresse, comme une esquisse que l’on ne souhaiterait pas trop achevée ? Un mystère à conserver ? Une initiation ? Le paradoxe est que, à travers ces images qui n’ont aucune prétention; ou du moins pas celle, stupide, de nous révéler quoi que ce soit ; nous somme entraînés dans un voyage qui nous fait pénétrer dans la vérité des choses. Non pas une vérité construite et artificielle, mais une vérité totalement personnelle. Nous ne sommes pas dans le reportage objectif, mais dans une narration qui nous ramène au propos de Boris Vian : « Il y a seulement deux choses : c’est l’amour, de toutes les façons, et la musique de la Nouvelle-Orléans ou de Duke Ellington. Le reste devrait disparaître, car le reste est laid, et les quelques pages de démonstration qui suivent tirent toute leur force du fait que cette histoire est entièrement vraie, puisque je l’ai inventée d’un bout à l’autre ».

Vian parle d’écriture, mais, en le relisant, j’ai l’impression qu’il ne fait que nous éclairer sur toute photographie vraie. En acceptant la subjectivité de tout regard, on échappe à la prétention prométhéenne de restituer le réel. En cela, Laurence Leblanc ne triche pas en ce sens que dès le premier regard, sa photographie nous rappelle qu’elle entend échapper au réel. L’Afrique qu’elle nous montre, ces visages, ces paysages, ces corps et ces regards n’ont de l’Afrique que le nom. Et encore, ne le saurions-nous pas, pourrions-nous jurer que c’est bien de l’Afrique qu’il s’agit ? Et de quelle Afrique ? Celle qui se confond dans les confins de la Caraïbe et du Nouveau Monde ou celle, convenue, qui s’étale en dessous de la frontière sablonneuse du Sahara ? Il s’agit ici d’un voyage personnel et généreux. Ouvert, en ce sens qu’il ne nous impose pas une manière de voir, de penser, de nous projeter.

Bien sûr, ce sont les yeux de la photographe qui se sont arrêtés sur tel ou tel personnage, tel ou tel visage. Mais que savons-nous d’eux si ce n’est ce que notre mémoire nous en dit ? Une mémoire ahurie et infidèle, bien entendu. Une mémoire fantasque qui s’amuserait à jouer avec les évidences. A tout confondre et à partir dans une croisière imaginaire. Imaginaire. C’est la faculté d’imaginer. C’est-à-dire à mettre en images un monde irréel, intangible. Et soudain, son voyage se fait le mien. Son livre ouvert, comme en une histoire sans fin, m’ouvre d’autres livres, trouent des perspectives que seul, je n’aurais pas su inventer. L’œil de la photographe m’accompagne. Me fait signe lorsque je dois m’arrêter. Regarder de plus près. Puis s’éloigne. Me laisse seul face à moi-même, avec des interrogations auxquelles aucune sagesse ne saura répondre. Et puis revient. Pour me dire qu’il n’y a pas de réponse. Qu’il n’y a pas de réalité et que je suis bien libre de penser ce que je veux. Après tout, si les photographies sont les siennes, les images ne lui appartiennent pas. Elle les abandonne volontiers. L’on sent, à la manière dont son objectif se pose sur ses sujets qu’elle n’a pas l’intention de les capturer dans un fantasme qui serait sien, contradictoire avec leur véritable essence. Laurence Leblanc ne pose pas sur le monde un regard trop savant et possessif, mais un œil qui inclut la possibilité de l’erreur, c’est-à-dire, de l’humanité.

Alors autant que cette histoire devienne la mienne. Autant accepter le cadeau qu’elle me fait et me perdre dans mon invention à moi. Cette Afrique parcourue tant et tant de fois. Tellement vite. Trop peut-être. La tête encombrée par des images qui me suivent partout comme des fantômes. Ma grand-mère. Cette femme qui me tenait la main sur une autre photographie. Prise ailleurs, dans un autre temps. Voilà qu’elle revit. A des milliers de kilomètres de l’endroit où repose son corps. Avec elle, ce sont les vacances. Mon apprentissage d’un pays, d’un continent que je ne parviendrai jamais tout à fait à dire. Non loin, invisible, l’ombre de mon père. Mon grand-père, les maquis du pays bassa où les derniers nationalistes se faisaient tirer comme des lapins…

Mais je m’égare. Il suffit que mon œil erre sur une page, avec une telle insistance que je ne parviens à rien voir. Alors les images se substituent aux images. Et me voici reparti. Oserais-je parler d’universalité ? Ce mot galvaudé dont nous ne savons plus que faire ? Pourquoi pas. C’est quoi l’universalité, ai-je envie de dire, comme une Marguerite Yourcenar s’interrogeant sur l’éternité ? C’est précisément la faculté d’être un individu avec toute sa subjectivité. Et, à travers un regard précis, nous faire pénétrer dans un monde qui, croyions-nous, n’était pas le nôtre. »

Atiq Rahimi

La photographie « déconstruit » le temps et l’espace. Elle donne du «djân» à la chose

Le Prix Goncourt 2008 Atiq Rahimi est le commissaire de l’exposition «Djân» à la Galerie Vu’. Il a sélectionné une soixantaine de photos autour du thème « djân », mot persan pouvant être traduit par « corps », mais un corps non séparé de l’âme. «Ce mot n’est pas un triste trope, mais une joyeuse lexie du persan. Il défie la dichotomie corps/âme.» Un djân ici regardé et interrogé par cinq photographes. Pour le Magazine Littéraire, Atiq Rahimi commente ses choix.

Laurence Leblanc : « Laurence révèle les deux dimensions du corps : terrestre et céleste. Spinoza disait que le corps et l’esprit ne sont pas des substances distinctes mais une même substance interprété de deux points de vue différents. Dommage qu’il n’ait pas connu le mot djân ! »

 

Benoît Riveiro

CHOBI MELA VI festival Can all dreams be found

somewhere else 

Laurence Leblanc silently follows her own solitary artistic path which leads her to the field of contemporary photographic creativity. Nurtured by a deep knowledge of photography and the understanding of its history, she deliberately avoids to scatter her curiosity or subjects of interest away, broading her approaches in the making of her images. She publishes and exhibits her works regularly (she is a member of both the VU gallery and agency) yet her strongest ally is time, the one given to observe and to mature.

From her first explorations in Cambodia to her work on the « lost objects », art critics who have written about her works have used a wide array of adjectives as they tried, without ever completely succeeding, to shape her style: dispelling, impressionistic, delicate, discreet, melancholic, vibrating, dreamlike…

If any of these qualifiers are somewhat able to define her subtle attempts and the inner turmoil her photographs provoke, they also bring confusion. She is a rare example in photography of restraint humility and self-control. For her, the act of taking a picture comes after gradual impregnation with the subject and his or her environment. The resulting pictures are often a carefully thought-out minute, and elaborate development. Particularly sensitive to the world violence and the chaos of destinies, she rids herself of all documentary curiosity in order to focus on what is not visible: the muteness of an ancient pain, the texture of an absent look.

Commenting upon a few of her portraits, Cambodian filmmaker Rithy Panh said: “Her pictures look like souls…the fuzzyness is not fuzzy, the grainy asppearance is not grain, life is not exactly life. Yet it is not death either, and I like being led on this narrow territory between the two.”

By tightening the flux of primary emotions and rejecting the urge of “hyper-speed”, she makes the point of taking pictures of the traces of events, landscapes or a faces that linger within her.

 

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Bulles de silence


Nuit des Musées
Projection du film de 19 mns au Musée Niépce 2015 –

Extrait 1mn49

 

Ce film de 19 minutes est l’aboutissement d’un travail commencé fin 2009. J’ai filmé au Ghana puis à Paris. Images animées – images fixes – voix off – autoportrait – ce film raconte l’histoire d’une quête artistique et d’une migration